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1er janvier 2018, 9h. Les cloches de l’église de la rue d’à coté sonnent. Par réflex, je prends mon téléphone qui me rappelle la date du jour. Une nouvelle année commence et je suis déjà nostalgique de cette année 2017 passée en un claquement de doigt. Pourtant elle a été si riche en évènements! J’ai vécu le plus fantastique de ma vie même. J’ai porté un enfant la moitié, donné la vie, puis regardé grandir, ébahie, mon petit garçon l’autre moitié. Chacun de ses sourires sont une source de bonheur inépuisable. Mon année entière a tourné autour de ma maternité, j’ai tout composé en fonction de cela et j’ai l’impression qu’aujourd’hui une petite page se tourne. Même si j’ai vécu des moments uniques, j’aurais préféré que certaines choses se passent autrement. Devenir parent pour la première fois est un chavirement émotionnel indescriptible et certaines personnes, voire des proches, oublient cela. Je ne digère pas certaines choses mais je ne peux m’en vouloir qu’à moi-même de ne pas avoir su dire les choses au bon moment, et ainsi ne pas garder des non-dits qui éclateront un jour. Une chose est certaine, j’ai hâte de croquer à pleines dents cette nouvelle année et mettre en œuvre tous ces projets, besoins, et idées qui ont fleuri ou muri dans ma tête en 2017. Alors merci pour tout 2017, année que je n’oublierai jamais, et bienvenue 2018 et son lot de surprises et projets que j’ai hâte de vivre.


I) FAIRE SA PART DE COLIBRI POUR SAUVER LE MONDE.

« La part du colibri », quelle jolie expression, mais ce qu’elle signifie me fout plutôt le cafard. Pour la référence, il s’agit d’une petite histoire… Lors de l’incendie de leur forêt, tous les animaux regardaient, impuissants, l’horrible spectacle destructeur. Seul le petit colibri s’activait en allant remplir son petit bec d’eau dans la rivière afin de reverser les quelques gouttes sur l’incendie. Quand un autre animal lui fit la remarque qu’il ne pourrait éteindre le feu avec ces quelques gouttes, le colibri lui répondit qu’il en était conscient mais qu’il faisait sa part du travail tout de même. J’ai vraiment ouvert les yeux fin 2016, surement influencée par le début de grossesse quand je me posais la question: « Dans quel monde va grandir mon enfant? ». Mais au lieu de rester impuissante face au monde, ma question a évolué: « Que puis-je et vais-je faire à mon échelle pour un monde meilleur et quelles sont les valeurs que je veux transmettre? ». J’ai commencé par les petits changements dans mes habitudes de consommation (j’avais écrit cet article à l’époque afin de donner des idées simples pour changer et expliquer pourquoi), et aujourd’hui je suis vraiment une autre personne, sans être irréprochable évidemment. J’essaye dans mon quotidien de jeune maman de faire les bons choix: acheter bio et le plus possible en vrac, acheter des vêtements de seconde main en friperies ou boutiques solidaires (Emmaüs, Croix Rouge, etc…) pour moi et mon bébé, acheter des livres en brocantes ou boutiques solidaires, regarder les étiquettes des jouets et ne choisir que du fabriqué en Europe (ou France quand c’est possible), donner pour consigne à nos familles et amis de n’offrir que des jeux en bois ou vêtements fabriqués en Europe (j’ai d’ailleurs écrit cet article sur les premiers achats pour bébé en privilégiant au maximum le made in Europe, ou encore cette liste d’idées cadeaux uniquement Made in France afin de données plein d’idées et faire découvrir de jolis marques et produits; je fais également plein de stories sur instagram quand je trouve des nouveaux produits éthiques afin de montrer que c’est possible et abordable); consommer moins et mieux tout simplement. Pourquoi? relancer notre économie et favoriser la pérennité des emplois en France et en Europe, être sûr de la qualité des produits (i.e. non-utilisation de produits chimique et toxiques interdits en UE comme c’est souvent le cas dans la confection/fabrication des vêtements ou produits en Asie) mais aussi des conditions de travail des ouvriers, et faire un geste pour la planète en évitant les transports énergivores et hyper-polluants.

Pas facile facile de respecter ces valeurs quand on est photographe spécialisée dans la mode! Mais en fait je me suis rendue compte que je pouvais aussi faire ma part de colibri avec/dans mon métier. J’avais annoncé sur ce blog que ma résolution 2017 était d’arrêter de shooter pour des marques faisant fabriquer en Asie. C’est une résolution non seulement tenue – j’ai refusé plein de shootings en expliquant aux marques ma démarche – mais c’est désormais une notion hyper intégrée en moi. Plus aucun doute ou pincement au cœur quand je dis non (car c’est aussi dire non à de l’argent), et un sentiment de bien-être et de fierté. J’ai d’ailleurs eu le temps pendant mon congé maternité d’établir une longue liste de marques faisant fabriquer en Europe, et je vais démarcher de ce côté pour des shootings et des reportages. J’ai également énormément levé le pied sur mes shoots de blogueuses pour les mêmes raisons et puis avec ma grossesse et maternité je n’avais plus le temps de toute façon. Mais mon bébé va désormais à la crèche depuis novembre et je vais reprendre les shootings d’influenceurs – tout simplement parce que j’adore ça – en sélectionnant énormément: des influeuceurs mode et lifestyle qui prennent conscience de certaines choses et font eux aussi leur part de colibri, mais aussi un autre registre d’influenceurs, loin de la mode: danseurs, chanteurs, musiciens, acteurs, youtubeurs… Concernant la fashion week, je continue évidemment le street style et vais reprendre un rythme de déplacements. Mes photos sont vendues via une agence de presse et comme aucune marque n’est mentionnée – parce que je ne demande pas aux gens ce qu’ils portent, c’est uniquement leur style qui m’intéresse – elle servent d’inspiration et d’illustration à des thèmes de tendance. J’avais également pris pour engagement de ne plus street styler la moindre fourrure, et c’est vraiment décevant de voir de gros influenceurs en porter et autant de photographes les photographier. Y’a encore un énorme chemin à faire de ce côté malheureusement. Les influenceurs oublient qu’ils peuvent changer le monde justement grâce à leur influence mais ils s’en foutent.

Mes projets photo personnels en 2018: j’en ai deux qui s’inscrivent dans mes valeurs anti fast-fashion et ses conséquences sur l’environnement et les humains. L’industrie textile est la 2e plus polluante au monde et je veux montrer que les alternatives de consommation existent.

  • Réaliser une série de portraits de gens concernés par la mode de seconde main (videdressings, friperies, boutiques solidaires, brocantes…) accompagnés de minis questions telles que « Pourquoi ce choix? » et « Tes bonnes adresses? ». Et moi, pourquoi ce choix? Tout simplement car je veux montrer qu’on peut être à la mode sans succomber au fast fashion, et tout en favorisant l’économie circulaire et réduisant le gaspillage textile. De plus, acheter à la Croix Rouge ou chez Emmaüs permet de leur faire un don d’une certaine manière et d’aider indirectement des gens dans le besoin.
  • Réaliser une série de portraits de créateurs de mode Made in France, afin de mettre la lumière sur ceux qui veulent relancer ou maintenir l’économie Française et des emplois, également accompagnés de questions comme « Pourquoi ce challenge? ».

II) ORDONNER SA VIE.

Je me répète surement, mais avoir un bébé, ça prend du temps et de l’énergie. J’ai vite arrêté de travailler pendant ma grossesse et j’ai tardé à reprendre. Nous avons eu une place en crèche quand le bébé avait 5 mois et demi, soit en novembre dernier. Et je m’en suis occupée chaque jour jusque là. J’ai évidemment adoré ça, mais dans une ville comme Paris, certaines choses sont vite épuisantes. Ce sont des détails, mais une fois accumulés, ça bouffe le quotidien. La poussette qui ne rentre pas dans l’ascenseur, l’impossibilité de prendre le métro toujours à cause de la poussette (trop lourd, trop compliqué), ne plus pouvoir travailler quand on veut ni où on veut, les proches qui s’imposent un peu trop dans certaines situations, d’autres qui s’offusquent car on ne donne pas de nouvelles, et le corps qui fatigue.

Bien manger déjà, c’est le nerf de la guerre. Il ne suffit pas de manger bio, il faut aussi faire les bonnes associations, et prendre le temps de cuisiner d’une manière à respecter les nutriments. Ce que j’ai carrément bâclé par manque d’organisation et donc de temps au moment du repas. J’ai lu en cette fin d’année quelques livres sur le sujet de l’alimentation qui m’ont fasciné et je vais ressortir mon cuit-vapeur sur le champ. Je ferai bientôt un article sur le changement d’alimentation et mes livres qui ont été la clef.

Aussi, au lieu de perdre mon temps sur les réseaux sociaux à faire défiler mon fil et les stories des autres inlassablement, je devrais vivre ma vie, faire du sport, sortir, marcher, prendre l’air, et se fixer des horaires. C’est le problème de ma vie les horaires! Je ne sais pas si c’est parce que je suis free-lance mais je suis implacable, sans obligation professionnelle, de me lever, me coucher et manger à heure fixe ou bien me choisir une heure par jour pour faire du sport. Mais là je suis vraiment motivée car mon petit corps frêle tire la gueule. J’ai adoré faire du yoga et body balance en salle de sport il y a 2 ans, pourquoi ne pas m’y remettre, au moins à la maison. Croyez-le ou non, mon bébé fait plus de sport que moi à s’agiter sur son tapis d’éveil. Et surtout, il faut que j’arrête de remettre à plus tard, car au final je ne fais rien. Et résultat, je me retrouve le 1er janvier avec une comptabilité non mise à jour depuis septembre et cinquante mille tickets de caisse à trier. Ah oui, ranger aussi. RANGER! J’ai tellement de mal à ranger tout de suite mes affaires, et tout s’accumule et dans mon esprit aussi.

Et enfin, dire les choses et ne pas les garder pour soi quand ça nous gêne. Je ressasse parfois (souvent) beaucoup à coup de « j’aurais du dire/faire ça », « pourquoi je n’ai pas proposé ça plutôt? ». Le temps passe à une vitesse folle, et plus ça passe, plus les non-dits s’accumulent, s’accroissent et finissent par se transformer en obsessions. Et je suis trop jeune pour être obsédée par des bêtises. Et pourtant, plus facile à dire qu’à faire. Avec l’arrivée du bébé, tout le monde s’est un peu excité avec l’évènement. Sauf que dans l’histoire, les premiers concernés sont le papa et la maman, non? Je n’ai pas mis au monde le messie que je sache. Comment expliquer alors qu’à un jour de vie de mon bébé, nous n’avons pas été tous les 3 réunis seuls plus de 15 min? Sur la journée entière? Ça par exemple, ça me bouffe; j’ai l’impression que l’on m’a volé des moments irremplaçables. J’ai envie que notre cocon vive des expériences fortes ensemble, qu’on construise nos traditions et nos histoires ensemble, mais la société fait qu’on devrait plutôt vivre ça en famille au sens large et perpétuer les traditions des autres. Dire les choses tout de suite est la solution.


III) FAIRE DE SA VIE UN RÊVE.

Tout est dans le titre et c’est en fait un résumé pas si utopiste de tout ce qui a été écrit plus haut. Profiter, ne pas remettre à plus tard le choses, se sentir bien dans sa tête et son corps, faire ce qui nous rend heureux, avoir des passions, voyager, visiter, découvrir, lire, décrocher des écrans, ne pas avoir d’ennemis, résoudre ses problèmes, consommer moins (et mieux), penser aux autres et à soi, prendre soin de soi, se reposer, ranger, rire, danser, s’exprimer, ne pas avoir de regret, s’aimer, et ne pas passer à côté de sa vie. Si je n’avais pas décidé d’être free-lance au moment venu et de vivre de ma passion, je ne serais pas si épanouie aujourd’hui; ce choix, risqué, m’a fait douter un temps mais me fait vivre un rêve depuis. Ce rêve évolue en fonction des années qui passent, et encore plus aujourd’hui avec l’arrivée d’un bébé. A chacun de définir ses rêves et de les vivre, la vie est trop courte pour être malheureux. « Plus tard il sera trop tard. Notre vie c’est maintenant. » (Jacques Prévert).

BONNE ANNÉE À TOUS.