
Vous vous rappelez de ce jeune homme que j’avais photographié en novembre dernier à Barcelone avec une chemise avec des flamants roses? Cette fois ci il porte un pull avec des têtes de chevaux et des franginettes. Il s’agit en fait d’un jeune créateur qui m’a contactée il y a peu et que j’ai retrouvé hier à Barcelone au centre d’art « Mutuo » pour me présenter sa marque Flamingo.

Afshin Tavakoli a 24 ans. Il a étudié à ESMOD stylisme/modélisme avec spécialité « Homme » en dernière année. Il voulait pourtant faire « Femme » au début pour y mettre des froufrous, mais il a suivi les conseils d’une de ses profs et il a finalement adoré car il s’est rendu compte qu’il pouvait caler ses « trucs cul-cul » sur des vêtements d’homme en réalisant sa collection de fin d’études baptisée « Flamingo » .
Puis il est parti travailler chez Manoush, d’abord comme vendeur, il est très vite passé de l’autre côté de la marque: en stylisme, modélisme, évènementiel, communication. C’est une marque qui lui ressemble, il se fait son expérience et un réseau.

La crise est arrivée. Raz le bol de Paris, il retourne à Montpellier où vivent ses parents. Pendant l’été 2011 il part un week end à Barcelone et tombe amoureux de la ville. Il vient s’y installer en octobre sans connaitre personne, sans parler espagnol, mais « il faut que je tente de vivre ici » se répète-t-il. Il fait alors de superbes rencontres. Il y a d’abord eu Mickael qui l’a poussé à faire ses vêtements.
C’est parti. Afshin dessine alors ses patrons et achètent des tissus un peu partout: lors de voyages, dans les vide-greniers, sur internet, il récupère même des grands vêtements vintage pour les couper et réutiliser le textile. Puis il recherche une couturière pour des petites réalisations, et un atelier pour les productions de plusieurs exemplaires où il envoient tissus et patrons.

FLAMINGO reprend vie. Afshin s’inspire du vintage, aime mélanger les matières (dentelles, velours, denim, etc…), les imprimés improbables et les couleurs. Le symbole de la marque est un flamant rose que l’on retrouve sur l’étiquette. Il a choisi le Flamant comme clin d’œil à ses origines du sud, à la Camargue. Et comme il dit, un flamant rose c’est kitch, et ça a un côté ambigu: mâle ou femelle, il a une gestuelle particulière. C’est une particularité bien représentative de ses vêtements (de taille unique) qui peuvent être considérés comme unisex.

Il fait ensuite la connaissance d’Eduardo qui tient le blog influent « Fucking Young« , et qui lui consacre un article. Flamingo est alors repéré par GQ qui en parle sur une de ses plateformes asiatiques.
Flamingo qui était juste « un délire » prend de l’importance chaque jour mais Afshin reconnait que « ce n’est pas évident tout seul, mais tant que y’a la passion », il s’accroche et a plein de projets en tête et de nouvelles idées.
Ici sa page Facebook où il expose ses vêtements qui sont en vente avec référence et adresse email pour le contacter.
