Travel to the Philippines: Chapel of the faith healer. Chapelle du guérisseur aux mains nues rencontrée lors du voyage aux Philippines.

Vous lisez le titre, vous vous demandez surement ce que je veux dire par là, ou bien vous savez et vous vous dîtes que je suis folle… Surement! Mais dans l’histoire, l’expérience la plus folle de ma vie, c’était bien celle-là.

A travers mon post sur mon corps fluet, j’ai brièvement énoncé les problèmes de santé que j’ai eu courant 2014 pendant plusieurs mois: une dysphagie. Un terme compliqué et peu connu qui signifie tout simplement un trouble de la déglutition; ce mécanisme si naturel ne marchait plus, je m’étouffais à chaque bouchée et en dehors des repas, j’avais une sensation de boule dans la gorge en continu. En cause? Un appareil dentaire (des bagues posées à l’intérieur privant ma langue de place et dont la conséquence majeure était un non-fonctionnement de celle-ci). La conséquence à long terme? Une obsession pour ma gorge qui a duré, duré, duré, malgré l’enlèvement de l’appareil… J’étais clairement traumatisée. J’ai consulté plusieurs ORL, j’ai essayé l’acuponcture, l’ostéopathie, la kinésithérapie, la réflexologie plantaire, le yoga… Je ne dis pas que ça ne m’a pas fait de bien, au contraire, tout m’a permis de me sentir mieux dans mon corps à titre général, mais j’avais toujours cette petite impression que quelque chose n’était pas revenu à la normale dans ma gorge.

L’année dernière au printemps, je vois passer un article sur les Philippines et je me rappelle une conversation avec des amis de ma mère ayant vécu à Manille plusieurs années dans les années 90. Elle avait eu des petits problèmes gynécologiques et nous avait raconté comment elle s’était faite soigner là-bas par un guérisseur avec une technique incroyable: plonger ses mains dans le corps des malades pour en retirer « le mal ». Je les contacte immédiatement pour avoir les coordonnées de cet homme, mais ils m’annoncent que malheureusement ils n’ont plus de contact. Ils me préviennent ceci-dit d’un détail important: un vrai guérisseur ne demande ni de quoi on souffre, ni d’argent, il sait/sent où se situe le mal, et ne vit que de donations. Je parle timidement à JC de mon envie d’aller aux Philippines. Il a tellement souffert lui aussi de me voir décliner, d’être impuissant face à mon problème, et il a beaucoup pris sur lui aussi. Je lui explique que je veux y aller, que je veux qu’il vienne avec moi, que j’ai besoin de lui à mes côtés pour ne pas vivre ça seule, que j’y crois mais que ça me fait peur aussi. Il est ingénieur, cartésien mais très ouvert d’esprit. Je lui vends le truc en disant qu’on en profitera pour faire un road trip aux Philippines. Il finit par dire… oui! Mais me prévient aussi de la déception que je pourrais ressentir si j’imagine trop de choses. Et puis évidemment, je dois encore trouver un guérisseur, c’est le plus difficile dans l’histoire. On prend les billets d’avion deux mois à l’avance et à moi de jouer désormais.

Commence alors un travail de recherche colossal… Je lis des articles, des livres, je regarde des documentaires. Je tape sur internet toujours les mêmes mots clés en français et en anglais: guérisseur aux mains nues, chirurgien aux mains nues, faith healer… Je découvre qu’il n’y a qu’une quinzaine/vingtaine de « vrais » guérisseurs aux mains nues aux Philippines mais qu’avec la médiatisation de cette pratique dans les années 80 et les voyages organisés de plus en plus nombreux pour en rencontrer, de nombreux charlatans ont également fait leur apparition sur « le marché ». Il faut donc trouver des témoignages concordants. Mais trouver un nom ne suffit pas, il faut également trouver une adresse, des horaires… Je commande sur internet quelques livres. Le premier, « Sauvée à Manille » raconte l’histoire (vraie) d’une femme atteinte d’une double tumeur au cerveau et condamnée par les médecins en France, qui rencontre un homme ayant été guéri pour autre chose aux Philippines; elle part avec son mari plusieurs semaines à Manille, est soignée par le guérisseur Alex Orbito et revient guérie. Le livre me fascine. L’histoire datant des années 80, je tape le nom du guérisseur sur internet. Il est toujours en vie! Mais ne soigne plus à Manille, il a désormais un énorme centre de méditation retiré dans les terres et on le rencontre via des voyages organisés, « Pyramid of Asia ». Je contacte tout de même son secrétariat, mais il est alors malade et se repose à nos dates (il va mieux aujourd’hui et de nouveaux voyages y sont organisés). Bon, c’est chou blanc pour lui, mais en même temps je trouve très impersonnel ce système de voyages organisés à des dates précises, y’a trop de business derrière, cela me dérange énormément; cela n’enlève en rien sa réputation d’excellent guérisseur, mais je recherche juste quelque chose de plus intimiste et de moins encadré. Deuxième lecture: « Médecin des Trois Corps » écrit par Docteur Janine Fontaine. Je ne peux que recommander ce livre! Déjà parce qu’il est écrit par une médecin française, ce qui crédibilise le tout, mais surtout parce qu’elle raconte dans le moindre détail comment ça se passe. Le livre est long à lire, mais qu’est ce qu’on en apprend sur les énergies et sur le fonctionnement du corps et donc des guérisseurs philippins! J’ai juste adoré! Je l’ai fini après mon voyage aux Philippines, ce qui m’a permis de comprendre ce que j’ai vécu là-bas. Par contre, le guérisseur chez qui elle a tout appris, Tony Agpaoa, est décédé. Bon c’est encore chou blanc… Je parle avec ma mère de l’avancée de mes recherches. Elle me conseille d’aller rencontrer une cousine éloignée de ma grand-mère, qui vit à Paris et que je n’ai jamais vue de ma vie, dont le mari décédé, médecin, amenait des patients se faire soigner aux Philippines dans les années 70. Je vais la rencontrer à l’improviste mais malheureusement, elle ne connait aucun nom de guérisseur mais me confirme que son époux (médecin je le rappelle!) était enchanté par ces techniques de soins incroyables. J’achète finalement un troisième livre que je commence en étant un peu désespérée… Je me dis que jamais je ne trouverai, qu’on a les contacts seulement par bouche à oreille et que je reviendrai plus frustrée que jamais de ce séjour. Mais ce livre est la clé. Par choix, je ne donnerai pas son titre, ni le nom du guérisseur. J’ai tellement appris et me suis préparée dans ce travail de recherche que je le souhaite également à tout le monde qui s’y intéresse vraiment. Car s’il y a bien une chose que ces guérisseurs n’aiment pas, ce sont les gens qui viennent par curiosité sans vraiment y croire, juste pour prendre des photos pour impressionner ou prouver qu’il y a un « trucage ». Nous sommes alors à deux semaines du départ. Dans ce livre (écrit par un français), le prénom d’une guérisseuse est donné. Ni nom de famille, ni adresse, ni même la ville. Je fais une recherche sur internet avec ce prénom et je trouve un blog avec un témoignage datant de 2013 écrit en anglais sur cette même guérisseuse donnant le nom de la ville et conseillant de s’y rendre un samedi ou un dimanche après-midi pour être sûre de la voir. J’imprime les informations, c’était moins une niveau timing! Je ne sais pas si elle exerce toujours, je ne sais pas où on va mais j’y crois. Et puis ça tombe bien, elle habite dans une ville qui est sur la route des Rizières de Batad et Banaue que nous avons prévu de voir.

Juillet 2016. Nous atterrissons un samedi après-midi. Après une soirée et une nuit à Manille, on se rend à une gare de bus de Pasay (quartier de Manille) pour prendre nos billets. Je suis excitée et un peu anxieuse. JC est serein (pour le moment). Arrivés dans cette petite ville 4/5h après, nous déjeunons dans un mall avant de demander à un tricycle s’il sait où se trouve la guérisseuse. Oui; ils le savent tous d’ailleurs. Il suffit juste de donner son nom. En 5 min, nous y sommes. Il nous dépose devant une petite chapelle. Je rappelle au passage que les Philippines sont un pays hyper chrétien, pas forcément catholique, ils ont plusieurs courants qui se rapprochent du protestantisme. On pointe notre nez, il y a un prêche en philippin. Un homme nous indique que les soins commencent à 17h. Bon, on a clairement 2 heures d’attente devant nous; je vois JC perdre patience. Il est clair que nous perdons du temps, on a encore 3h de bus avant notre escale où nous souhaitons dormir le soir même. Mais après tout, on est là pour ça à la base…

17h: Nous rentrons dans la petite chapelle qui comporte à peine 6 bancs de chaque côté de l’allée centrale menant à l’autel et à la table de soins derrière. Les murs sont blancs, il n’y a aucune icône religieuse. Quelques affiches annoncent l’interdiction de filmer ou prendre des photos. Nous sommes une grosse quarantaine de personnes; une trentaine de philippins et une dizaine d’occidentaux. Un petit chant résonne et nous sommes invités à déposer nos bouteilles d’eau sur la table. On avait juste des petites bouteilles de 50cL, alors que les autres ont des 1L voir 20L! La guérisseuse arrive; elle a une cinquantaine d’années, je la trouve très belle et me sens en confiance en la voyant. Elle porte une tunique blanche aux manches courtes. Elle a un staff de 5-6 personnes avec elle pour les soins, chacun a un rôle défini. La guérisseuse rentre alors en transe; à ce moment on ne sait pas trop ce qu’il se passe, on entend juste sa voix changer. Puis elle bénit l’eau que nous avons tous déposé sur l’autel et finalement nous invite les uns après les autres à nous avancer pour les « bénédictions », la Bible est ouverte à coté d’elle et elle la touche entre chaque personne. On suit le mouvement sans vraiment comprendre. Face à la guérisseuse, elle passe une feuille de papier sur nous de la tête aux hanches, de face et de dos, puis nous touche des parties du corps avec des gestes vifs. Ce ne sont pas les mêmes zones qui sont touchées pour chacun; moi elle me touche la gorge, le ventre, le plexus. On retourne s’assoir et c’est à partir de maintenant que tout va commencer. On ne sait pas quand nous allons passer, c’est complètement aléatoire. Sa table de soins étant derrière l’autel, on voit. Elle, est face à nous, et regarde droit devant elle quand elle « opère ». On voit sans voir en fait. On aperçoit ses mains qui touchent ces corps allongés devant elle les uns après les autres, qui se relèvent 5 min après et qui vont se faire masser sur une chaise à côté. Un membre de son staff est à côté d’elle et éponge le sang qui coule; et entre chaque patient, elle se rince juste les mains. Le temps passe, il est déjà 19h30, il fait nuit noire dehors et nous ne sommes pas encore passés. JC est à la fois impressionné par ce qu’il voit et inquiet de l’heure qui passe. Moi j’attends sans rien dire, un peu comme obnubilée. JC n’a pas vraiment de problèmes de santé mais décide tout de même de passer entre les mains de la guérisseuse pour un check-up; il me propose d’ailleurs de passer avant moi pour me rassurer. Cela tombe bien, c’est à nous! Les hommes enlèvent leur t.shirt alors il le fait aussi par mimétisme et s’allonge sur la table. Pas de distance de discrétion pour moi, je suis avec lui donc j’ai le droit d’être à côté. JC regarde au plafond, moi les mains de la guérisseuse. Comme lors des « bénédictions », elle sort une feuille de papier, qu’elle passe sur son corps de la tête au bassin. C’est son moyen de sentir où il y a des nœuds d’énergie (ça je l’ai compris avec le livre de Janine Fontaine, même si dans son cas à elle, la feuille n’existe pas). Puis elle avance une main sur son bas-ventre, appuie et de l’autre main y introduit le pouce et l’index. Comme ça, à mains nues, sans instrument. Le sang coule. Je n’arrive pas à quitter mes yeux de cet endroit, elle est vraiment rentrée comme par magie! Elle enfonce ses doigts d’une phalange et en retire des trucs qu’elle jette dans un haricot en plastique à coté d’elle. Ça peut être sous plusieurs formes: des filaments, des petites boules, de couleur rouge ou blanche. Elle sort alors ses doigts, passe sa main dessus et plus rien. Tout de suite, elle passe à un autre endroit, d’abord le foie puis la poitrine au niveau du cœur pour les mêmes gestes. Je suis choquée car je sais que JC a eu des problèmes au foie il y a quelques années. Je demande timidement si on doit arrêter de manger quelque chose ou privilégier autre chose; elle répond que JC devrait arrêter le fromage et le vin. Il se relève, nos regards se croisent brièvement mais c’est déjà à moi de m’allonger. Je n’ai pas le temps d’avoir peur, je sens déjà ses mains sur moi. Elle commence par le bas-ventre aussi, je sens comme une sensation de chaud, de pincement et clairement je sens ses doigts qui fouillent en moi. Ok c’est carrément impossible et incroyable mais c’est ce que je sens pourtant, elle est bien dans moi, je n’ai pas mal, c’est juste une sensation très bizarre. Elle me montre ce qu’elle retire et me dit « very bad hormones, stop the chicken and the eggs » (je mangeais encore du poulet à l’époque et j’ai arrêté complètement depuis mais pas les œufs que je mange bio).  Puis elle change d’endroit et passe à ma gorge! MA GORGE! Je venais pour ça et elle a su. Alors là, la sensation est encore plus étrange. Je vois les yeux de JC s’écarquiller, et moi j’ai hâte que ça se termine car j’ai l’impression d’avoir la trachée obstruée, je sens ses doigts, c’est hyper bizarre. Elle les retire enfin, je prends une grand inspiration et je me relève. Nous sommes invités à nous assoir sur une chaise sur le coté, JC se fait masser à l’huile de coco les zones traitées par un philippin et moi par une femme blanche d’une soixante d’années qui me dit… « Alors les français! ». Elle est française, on n’en revient pas et on a une montagne de questions à poser mais évidemment d’autres personnes attendent après nous, nous n’avons pas le temps d’échanger. Nous apprenons juste qu’elle vient plusieurs fois par an depuis 20 ans, depuis qu’elle avait accompagné une femme à l’époque se faire soigner un cancer. Nous reprenons nos sacs et sautons dans un bus. J’ai mal au ventre, JC a mal au foie… Les 3 heures de bus sont super désagréables mais la nuit à l’hôtel nous soulage. Enfin, me soulage. Le lendemain, je n’ai plus mal nulle part, JC est malade pendant 2 jours… Est-ce son foie qui se désengorge? Il ressent en tout cas des douleurs ressenties quand il était malade quelques années auparavant. On n’arrive pas trop à réaliser ce qu’on a vécu, vu, senti. Mais voilà que JC a oublié ses lunettes de soleil chez la guérisseuse, nous y faisons donc un stop en revenant des rizières quelques jours après. En semaine, les soins sont le matins, et nous arrivons à la fin; dommage, j’y serai bien repassée. Mais nous retrouvons la française et sa nièce d’une trentaine d’années. On reste une heure discuter et échanger; on peut enfin poser nos questions! En fait, ces guérisseurs ont un don, et ce don c’est la capacité de recevoir un esprit un temps éphémère et dans ce cas-ci c’est Saint-Luc (médecin de profession). D’où la transe. Comment elle rentre dans le corps? Par les points d’acuponcture, ces points si complexes en énergie. Quand l’énergie circule mal dans des organes, c’est là qu’ils commencent à développer des maux ou des maladies.

Nous sommes revenus en toute fin de séjour, deux jours avec une nuit sur place dans un petit hôtel. Nous sommes donc repassés entre les mains de la guérisseuse deux fois (ça aura fait trois en tout); mêmes rituels, et mêmes endroits traités pour chacun. Sauf que cette fois nous n’avons rien senti, surement parce que nous étions plus détendus. Nous avons rencontré un couple franco-chinois, un chorégraphe français, et une belge. Chacun a raconté son histoire. Si les français étaient déjà venus auparavant et avaient été « sauvés » par les soins de la guérisseuse, la belge venait pour la première fois mais elle y restait 15 jours à plein temps pour traiter les conséquences d’un AVC; elle avait eu le contact par un couple d’amis dont le fils avait été sauvé ici d’un cancer. Maladie ou simple check up, peu importe, nous avons tous un dérèglement énergétique plus ou moins important à cause du stress, de la mauvaise alimentation, de la pollution… et la guérisseuse traite tout ça. Parfois, elle dira de revenir, parfois elle dira de bien suivre le traitement donné dans notre pays en indiquant que ses soins sont un complément. Elle donne aussi des petits grains-grains à prendre, tout est à base de plantes. Elle ne demande par d’argent pour les soins, il y a une boite « donations » près de l’autel, mais elle vend ses médicaments et met aussi en vente des bouteilles d’huile de coco (bénie!). Alors oui j’ai conscience que ce récit est complètement fou et digne d’un roman fantastique, je ne peux évidemment forcer personne à me croire; l’expression « voir pour le croire » est complètement légitime ici. Mais j’ai voulu raconter ce que j’ai vu et vécu car c’était juste incroyable à vivre, et je ne peux que recommander à ceux qui sont malades et parfois ne voient pas le bout du tunnel, d’essayer de nouvelles formes de thérapies… On n’a rien à perdre après tout, il suffit juste de garder espoir.

Livres à lire cités plus haut: Sauvée à Manille de Charlotte Vincent et Médecin des Trois Corps de Docteur Janine Fontaine.

EDIT:  Vous êtes plusieurs à me demander par message ou commentaire si nous avons ressenti une réelle amélioration. C’est difficile de répondre à cette question car nous n’étions pas malades; nous ne pouvons donc pas faire contrôler un avant/après par la médecine. Chez la guérisseuse, JC a fait un check-up, moi j’avais un réel problème obsessionnel avec ma gorge mais je me sens mieux depuis sans pouvoir dire si c’est grâce à elle ou si c’est psychologique. Ce qui est certain, c’est que quelque chose a tout de même changé chez nous, et c’est notre rapport au corps. Ce qu’on a vu et senti, et les témoignages uniques que nous avons entendus directement de la bouche de personnes guéries, nous ont vraiment ouvert l’esprit. On n’hésitera pas une seconde à y retourner si nous avons un problème sérieux, mais aussi à recommander à nos proches dans le besoin.

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